![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
*Retour à l'accueil du site |
Hans a été élevé par une mère profondément antinazie qui, dès 1935, lui faisait répéter en boucle : « Ils ont tort. Ils sont les plus forts mais ils ont tort ». En 1939, il est mobilisé dans l’armée allemande et en 1941 il participe à l’occupation d’Orléans. C’est là qu’il rencontre Marguerite en venant acheter de la dentelle pour sa mère et sa sœur. La jeune femme ne peut résister à sa douceur, à sa bonne connaissance de la langue et de la littérature françaises qu’il a étudiées à Berlin, à sa façon de jouer du piano, à sa voix… « Comme elle aime sa voix ! Et son accent léger. Toute sa vie, en entendant à la radio un Allemand s’exprimer en français, elle retiendra son souffle. » Un jour, il l’a aidée à héberger et soigner un Juif communiste mais ce n’est évidemment pas ce qu’on a retenu de leur histoire… Et puis, il a rapidement disparu de la vie de Marguerite. Le lecteur apprend pourquoi mais pas Marguerite. Marguerite était enceinte et Françoise est née en décembre 1942, après le départ de Hans. Plus tard, Françoise est devenue chanteuse dans le chœur de l’Opéra de Paris. Elle a rencontré un beau trompettiste afro-américain et Romane est née en 1975. Une jolie métisse qui est devenue funambule et dont le compagnon, Raphaël, est musicien. Beaucoup d’artistes dans cette famille… Dans la deuxième partie, qui se déroule aujourd’hui, Marguerite est âgée et atteinte d’une dégénérescence des lobes frontaux. « Marguerite voulait rester chez elle, mais elle perdait tout : la parole, l’appétit, la marche, la mémoire immédiate. Elle maigrissait, ne savait plus se laver, passait ses journées au fond de son lit et ses nuits à délirer. » Elle vit maintenant dans une maison de retraite et, en vidant son atelier de couture, Françoise a retrouvé une valise avec de nombreux documents, notamment des correspondances, datant de 1942. Elle les a montrés à Romane qui a proposé de reprendre les recherches pour savoir qui était Hans, son grand-père, et ce qu’il est devenu. L’enquête va se révéler compliquée et très dérangeante. Dans les années 50, déjà, la sœur de Hans, Helga, était venue à Bergerac, le dernier lieu d’où il ait donné signe de vie en 1944. Elle avait interrogé diverses personnes dans la région avant de disparaître à son tour. Romane va profiter d’une tournée de son nouveau spectacle dans le Périgord pour chercher à en savoir plus. Mais les souvenirs de cette période troublée sont parfois nauséabonds et certains préfèrent qu’on ne vienne pas trop s’amuser à les déterrer… C’est un roman très humain et émouvant que nous propose ici Janine Teisson, avec de très belles histoires d’amour, mais c’est aussi un roman historique et politique, qui devient très noir quand Helga ou Romane se décident à creuser le passé en des lieux où le présent est parfois bâti sur l’oubli et le mensonge. Serge Cabrol (01/08/17) |
Sommaire Noir & polar ![]() Chèvre feuille étoilée (Juin 2017) 376 pages - 12 €
Bio-bibliographie sur le site de l'auteur Découvrir sur notre site d'autres livres du même auteur : Liens de sang Les rois de l'horizon Non ! La métamorphose du rossignol |
||||||