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Claudie GALLAY

La promesse des chiens



En 1925, en Alaska, au bord de la mer de Béring la vie est rude surtout pendant les mois d’hiver car la mer gèle et les bateaux ne passent plus.
« Janvier 1925. C’est le temps de la solitude, ici, depuis que la Béring s’est fermée. D’abord une fine croûte de glace s’est étendue sur la mer. Rien d’encore solide, la marée montante pesait sur cette glace fragile du rivage, le poids accumulé en fissurait la surface.
Pendant des jours, des semaines, chaque marée nouvelle a appuyé, jusqu’à fracturer les plaques translucides.
Mais ce matin, l’horizon est barré de blanc. La marée ne peut plus rien, la surface de glace est épaisse, les plaques se sont soudées les unes aux autres et font bloc dans des claquements sourds. De la glace à l’infini. »

Ada Blackjack vit seule avec son fils Bennett dans la petite ville isolée de Nome. Elle est Iñupiat (peuple autochtone d’Alaska) et elle ne vit plus avec le père de Bennett qui est un "Blanc".
Nous suivons la vie de cette femme très attachée à son fils mais il grandit et il faudra qu’il aille étudier à Seattle. Elle n’est pas partie avec le dernier bateau avant l’hiver pour aller inscrire son fils à l’école.
L’hiver est très long car la ville de Nome est coupée du monde pendant six mois, à plusieurs centaines de kilomètres d’autres communes. Les seuls déplacements ne peuvent se faire qu’en traineau dans des conditions climatiques terribles. Nome vit donc en autarcie.

Curtis, le médecin, s’inquiète de plus en plus car des enfants souffrent de problèmes respiratoires. Certains en meurent. Ce n’est pas une simple angine. Il finit par déterminer qu’ils souffrent de diphtérie et que l’épidémie risque de se propager. Il faut des doses d’antitoxine mais les stocks sont très limités dans la pharmacie et de plus les flacons restants sont périmés. La commande qu’il avait passée n’a pas été livrée.  Que faire ? Les doses de médicaments se trouvent à plus de mille kilomètres. Toutes les solutions sont envisagées mais au cœur de l’hiver même voyager en avion n’est pas possible. Il ne reste plus qu’un transport en traîneau avec un musher et sa meute de chiens mais il va falloir partager le parcours avec des étapes plus courtes et changer d’équipage pour pouvoir parcourir une distance aussi longue en plein hiver. Nous apprenons beaucoup sur la constitution d’un attelage.

« Son père a pris les meilleurs chiens. Nora l’a vu atteler Togo en chien de tête. Togo est doué, en cas de problème il saurait trouver le bon passage, éviter les crevasses. Il donnera sa vie s’il le faut.
Nora sait aussi que Togo est un chien très particulier à guider. Son père donne les ordres, mais c’est lui qui décide, lui que la meute écoute. Et s’il ne veut pas obéir, il n’obéit pas, et il va là où il veut et tout peut arriver. »

C’est un roman passionnant, dans un univers qui nous est inconnu. Le lire par temps de canicule rafraîchit puisque les températures en hiver en Alaska peuvent descendre jusqu’à moins quarante ! L’écriture très rapide et bien rythmée nous emmène dans cette aventure exceptionnelle et lumineuse. Face aux multiples dangers la solidarité est le seul moyen de survivre. De très belles valeurs humaines sont déployées avec beaucoup de délicatesse. Le lien à la nature, la solitude, les relations complexes entre les êtres notamment dans un lieu ouvert sur l’infini qui se transforme en lieu clos sont parfaitement exprimées. Le suspense est maintenu car on ne sait pas avant la fin si les doses de médicaments parviendront ou non à temps pour sauver le maximum d’enfants.

Brigitte Aubonnet 
(24/08/26)    



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Le Cercle ouvert

(Août 2026)
336 pages - 22,50 €

Version numérique
14,99 €






Claudie Gallay
a publié une quinzaine de livres et obtenu, entre autres, le Grand Prix des lectrices de ELLE
pour Les déferlantes.





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