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François LANGE


Le fantôme du bagne de Brest


François Lange nous plonge une fois encore dans la Bretagne du XIXe siècle pour une nouvelle enquête de François (ou Fañch en breton) Le Roy, inspecteur principal de la police impériale puisqu’en 1862 nous sommes sous le règne de l’empereur Napoléon III.
 
Policier à Quimper, Fañch est envoyé à Brest où il se passe des choses étranges. C’est le préfet du Finistère qui décide de lui confier cette délicate mission. Le commissaire de Brest Herbreteau n’est pas à la hauteur : « – Transparent, volatil, absent… complètement dépassé par la situation. Bref ! Fidèle à sa réputation. » Évidemment, l’arrivée d’un inspecteur de Quimper pour mener une enquête à Brest ne va pas être vue d’un bon œil par le commissaire Herbreteau qui ne lui sera d’aucune aide. Pourtant l’affaire est grave…

Dès le prologue du roman, on voit un ancien sous-adjudant du bagne de Brest, se faire assassiner dans une petite rue près de chez lui. « Au travers du voile rougeâtre qui lui embuait le regard, Médéric Le Pichouron eut le temps de distinguer la silhouette massive d’un homme revêtu d’une tenue de bagnard et tenant une courte chaîne terminée par un lourd boulet de fer à l’extrémité. À bout de force, il s’écroula sur le sol trempé juste avant que le forçat ne lui écrase la tête au moyen de ses fers d’infâmie. »
Le lendemain, c’est Louis Saliou, l’ancien directeur du bagne, qui est assassiné à son tour avec une grosse chaîne de fer.
Le bagne a été fermé quatre ans plus tôt en 1858, et les détenus transférés à Cayenne. Qui pourrait venir se venger ainsi des anciens personnels du bagne ?

Autre sujet d’inquiétude, les apparitions du fantôme !
« – Un bagnard pour être plus précis ! Équipé de pied en cap, avec un superbe bonnet vert sur la tête. Le bonhomme n’est pas désagréable en soi, il apparaît tôt le matin ou tard en soirée, puis s’éclipse furtivement dans le bagne dès qu’on s’approche de lui. Cependant, les ouvriers qui travaillent sur le port n’apprécient que moyennement la présence de celui qu’ils nomment désormais "le fantôme du bagne". Ils ont contraint leurs contremaîtres respectifs à solliciter une audience auprès du maire, pour que les apparitions cessent, faute de quoi ils se mettront en grève. […]
– Vous pensez au Mexique, je suppose ? Il est certain que le corps expéditionnaire n’a pas besoin d’une grève des Brestois en ce moment.
Le préfet pointa du doigt l’emplacement de la ville de Brest sur la carte monumentale qui couvrait le mur.
– D’autant qu’un bon millier de "Marsouins" du 2e régiment d’infanterie de marine se trouve au Mexique. Si jamais leurs collègues restés en garnison à Brest apprennent que les ouvriers du port leur coupent vivres et équipements, cela risque de causer de gros troubles à l’ordre public dans la ville.
Le Roy avait appartenu à cette unité d’élite, et il imagina sans difficulté de quelle manière les militaires de la caserne Fautras auraient réglé le problème. »

Il faut donc rapidement identifier ce « fantôme » et comprendre les raisons de l’assassinat des deux anciens responsables du bagne. D’autant plus que la liste des victimes pourrait s’allonger si l’on ne connaît ni les raisons de ce qui ressemble à une vengeance ni les autres cibles potentielles.

On suit donc Fañch Le Roy dans son enquête, une belle occasion de visiter Brest en 1862 et les restes du bagne quatre ans après sa fermeture. Il fouille le passé des victimes, rencontre des témoins et mène des interrogatoires. Dans son sillage, on n’a pas le temps de s’ennuyer et les rebondissements entretiennent le suspense.

Comme il a été militaire pendant sept ans dans sa jeunesse, il connaît bien la caserne de Brest et y retrouve des amis, retrouvailles qu’on fête joyeusement au mess ou dans les auberges de la ville.

L’auteur s’est bien documenté et il peut faire évoluer ses personnages dans un décor et une atmosphère bien imagés avec parfois des notes en bas de page apportant des précisions sur des lieux ou sur des expressions du passé. Une lecture aussi agréable qu’enrichissante.

Serge Cabrol 
(11/07/25)    



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Noir & polar










Palémon
216 pages - 10 €

Version numérique
6,99 €











François Lange,

né au Havre en 1958, militaire puis officier de police, passionné d’histoire, se consacre maintenant à la sculpture sur pierre, à l’archéologie et à l’écriture.





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