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L’irrésistible ascension de l’insolente Marion

Spectacle enthousiasmant avec une belle énergie pour évoquer la vie de Marion du Faouët qui a vécu de 1717 à 1755.
Une charrette arrive avec quatre comédiens. Un cinquième les rejoint pour annoncer qu’ils vont jouer la vie de Marion et de ses comparses.
« Pour louer sa mémoire, cette histoire sera contée en alexandrins. Non pas que les protagonistes rimaient à chaque phrase en comptant douze pieds... ça non bien sûr, mais parce que cette aventure extraordinaire mérite bien la divine poésie qu'un Racine ou qu'une Catherine Bernard ont déployée pour faire parler leurs glorieux personnages. »

Marion du Faouët ne supportait pas la pauvreté ni l’injustice. Avec son compagnon, Henry, ils ont constitué un groupe de brigands qui dévalisaient les gens fortunés, les nobles, les marchands, les ecclésiastiques, enrichis en pressurant le peuple par des impôts et des spéculations…
« Nous ne sommes pas seuls, partout c'est la famine,
Sauf chez les profiteurs qui stockent la farine.
Tous leurs greniers sont pleins, lorsque le ventre vide,
I)es enfants succombent de manière sordide.
J'ai le cœur qui se serre en pensant à Renette...
Notre première fille est morte de disette ! »

Elle menait sa troupe avec des règles : pas de violence, pas de sang, une partie des butins étaient reversée aux pauvres et elle imposait l’égalité entre les hommes et les femmes. Pourquoi les femmes seraient-elles soumises à leurs maris ou compagnons ?
Marion était très libre. Elle a aimé Henry mais elle aimait aussi la vie. Elle a eu cinq enfants avec cinq hommes différents.

La mise en scène est inventive, très rythmée. Beaucoup d’ironie se dégage du texte en alexandrins, ainsi que du jeu des comédiennes et comédiens qui incarnent parfaitement leurs personnages de brigands, de nobles ou d’ecclésiastiques avec parfois des gestes burlesques.
Cinq comédiens interprètent quarante-cinq rôles grâce à de rapides changements de costumes. Un mécanisme d’horlogerie bien huilé avec ici ou là des trouvailles pleines d’humour.

Les lumières mettent en valeur les scènes qui évoluent autour de la charrette et les costumes nous plongent d’emblée dans le dix-huitième siècle en Bretagne. Une scène d’amour derrière un tissu blanc est très réussie et très drôle. Le rôle d’une religion manipulatrice est pointé du doigt quand les prêtres menacent de l’enfer les villageois qui se rendraient complices des brigands et encouragent la délation auprès des autorités.

Marion est une figure de révoltée, une frondeuse qui est devenue une légende en Bretagne.
Sa façon de lutter contre la pauvreté lui est propre mais la pièce montre bien que la situation qui existe entre les personnes pauvres et les personnes riches est toujours d’actualité et toujours aussi injuste.

Elle encourage à la résistance, à la rébellion pour défendre les intérêts des pauvres. C’est une pièce qui ouvre sur une réflexion à avoir sur les rapports de force dans la société et encourage à ne pas subir des situations injustes.
En fin de spectacle les comédiens s’adressent à nouveau aux spectateurs comme dans le prologue : « Voilà. Ici s'achève l'histoire de Marion du Faouët. Merci de l'avoir écoutée. J’espère que vous aurez à cœur, comme nous, de la transmettre autour de vous. À vos enfants et à vos petits-enfants, notamment. C’est important ! Qu'ils apprennent à désobéir. Qu'ils apprennent à s'indigner. Qu'ils apprennent l'insolence et l'esprit critique. »
C’est bien le rôle de cet article. Nous souhaitons beaucoup de succès à ce spectacle. N’hésitez pas à le découvrir et le soutenir à votre tour, dans un théâtre plein de charme et de boiseries, L’épée de Bois, à la Cartoucherie de Vincennes.

Brigitte Aubonnet 
(01/10/26)    



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Une loge
pour le strapontin





L'Épée de bois

Cartoucherie
Route du Champ
de Manœuvre
75012 Paris

Jusqu'au
11 octobre 2026




Écriture
Emma Debroise

Idée originale
et mise en scène
 Jean-Yves Brignon

Avec
Régis Chaussard
Emme Debroise
Loena Iskyender
Fabien Martin
Jérome Sau
ou
Charles Tesnière

Création lumière
Vincent Lemoine

Création costume
Sophie Schaal

Conception décor
Sevil Grégory

Création musicale et sonore
Béatrice Delpierre
 et Jean-Noël Catrice

Scénographie
Jean-Yves Brignon

Chorégraphie
Judith Chancel

Conseil au chant
Suzanne Legrand



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À visage découvert




Le texte a été publié
par la compagnie :


À visage découvert

128 pages - 10 €