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Chemin de Fer
(Janvier 2025)
32 pages - 9,50 €
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Claude SIMON
(1913-2005)
"Mon travail d'écrivain n'autorise à mes yeux aucune concession"
Lettre à Federico Mayor
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En publiant cette Lettre à Federico Mayor, les éditions du Chemin de Fer ont l'immense mérite de nous faire redécouvrir à la fois l'œuvre et l'homme Claude Simon. Classé parmi les auteurs du 'Nouveau Roman', son œuvre novatrice et exigeante fut bien souvent occultée, voire rejetée par la critique au motif d'hermétisme ou d'artificialité. Traduite et appréciée principalement dans les langues scandinaves, son œuvre y était plus connue qu'en France et ce n'est pas sans ironie que dans son Discours de Stockholm lors de la réception du Prix Nobel en 1985 Claude Simon déclarait : "A l'annonce de l'attribution de ce dernier Nobel, le New York Times interrogeait en vain les critiques américains et les médias de mon pays couraient fébrilement à la recherche de renseignements sur cet auteur pratiquement inconnu, la presse à grande diffusion publiant, à défaut d'analyses critiques de mes ouvrages, les nouvelles les plus fantaisistes sur mes activités d'écrivain ou de ma vie - quand ce n'a pas été pour déplorer votre décision comme une catastrophe nationale pour la France" (Citation du Discours de Stockholm – Éditions de Minuit, 1999).
Après la consécration du Nobel, l'œuvre de Claude Simon a certes connu quelques succès, cependant, de ses engagements, des ses prises de position sur la littérature et la création artistique nous ne connaissons que peu de choses. Opportunément en introduction à la Lettre à Federico Mayor Mireille Calle-Gruber nous rappelle : « La lettre de Claude Simon à Federico Mayor est un document considérable à plus d'un titre. D'abord, témoignant des positions contextualisées de l'écrivain, elle invite à nuancer une histoire littéraire péremptoire qui a trop souvent associé le Nouveau Roman au "refus du politique" et réduit le rapport entre littérature et politique à un "engagement" dicté par une idéologie. Surtout... elle est un acte de foi aussi émouvant qu'impressionnant par sa rigueur. Elle exprime tout ensemble l'intégrité du chercheur et l'humilité du créateur ouvrier. »
Dans quel contexte Claude Simon écrit-il cette lettre en 1986 à Federico Mayor ? Après son Nobel, Claude Simon reçoit de l'Union Soviétique une invitation de l'écrivain kirghiz Chinguiz Aîtmatov le conviant à participer à un forum mondial pour réfléchir "aux objectifs de l'humanité dans le troisième millénaire à l'échelle mondiale". Claude Simon accepte cette invitation. Il se rend d'abord à Moscou où d'autres participants le rejoignent (James Baldwin, Yachar Kemal, Federico Mayor, biologiste et futur directeur de l'Unesco, Arthur Miller, Peter Ustinov, etc.). Puis toutes les personnalités invitées se rendent au Kirghizistan à Issyk-Kul où se déroule le forum.
À l'issue de ce forum, Claude Simon refuse de signer le document final de la rencontre. Et c'est la motivation de son refus qu'il expose dans sa lettre à Federico Mayor. Nous assistons donc dans cette lettre à un exposé – parfois ironique – de la conception de la création artistique et de l'éthique de l'auteur. Ce court texte (une trentaine de pages) est une petite merveille où avec humilité et détermination Claude Simon se révèle dans toute sa grandeur d'écrivain.
Yves Dutier
(03/02/25)
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Pour mémoire
Claude Simon
(1913-2005)
Prix Nobel de Littérature 1985
Bio-bibliographie sur
Wikipédia
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