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La Maison des Mécènes
(Septembre 2025)
Coffret 3 volumes - 25 €

Vinod RUGHOONUNDUN
((1955-2015)

Œuvres complètes

« En tant qu’éditeur historique de Vinod Rughoonundun, c’était à La Maison des Mécènes qu’incombait le devoir et l’honneur d’assurer la postérité de son œuvre. Grâce à cette publication, voici chose faite. Vinod Rughoonundun rejoint désormais la place qui lui revient dans le patrimoine littéraire mauricien, auprès des plus grandes voix francophones contemporaines. »
Et c’est ainsi que paraît, dix ans après la mort de l’écrivain, un coffret de trois ouvrages qui nous rappelle qui était ce grand auteur et nous offre en lecture l’intégralité de ses écrits.

Le premier volume, L’homme et l’œuvre, s’ouvre, bien entendu, sur des éléments biographiques.  Vinod Rughoonundun, né le 30 août 1955 à Ripailles sur l’Île Maurice, est venu à Paris à 25 ans pour des études universitaires, obtenant une maîtrise de lettres modernes et un DEA de linguistique. Il s’est marié avec Laurence Boyer avant de retourner en 1990 à l’Île Maurice avec leurs deux enfants. Retour à Paris en 1994 où il a vécu jusqu’au 13 août 2015, date à laquelle il a mis fin à ses jours. Cette présentation est aussi bibliographique, indiquant les dates importantes de toutes ses publications.
Ensuite, dans une intéressante préface, Ananda Devi, autrice mauricienne, évoque une première rencontre au Salon de la Plume noire à Paris où le poète a été confronté à la rituelle question : Pourquoi écrivez-vous ? Sa réponse a stupéfié le public : « J’écris pour mon pied. » En une dizaine de pages, l’autrice analyse cette provocation et les véritables motivations de Vinod Rughoonundun, son rapport à l’écriture, à la mort, au désir, au rire, et à ses origines…
La suite du recueil intitulée Le poète nous parle, est composée de chroniques écrites par l’auteur sur le langage poétique, sur l’animation d’un atelier d’écriture avec des enfants au Mali, sur la présence dans son œuvre de l’Inde dont sont originaires ses arrière-grands-parents, et de deux entretiens accordés en 2001 et 2009.
L’ensemble fournit une passionnante introduction à la lecture de l’œuvre.

Le deuxième volume, Nouvelles, regroupe une vingtaine de textes. Tout d’abord l’intégralité d’un recueil de onze nouvelles, Daïnes et autres chronique de la mort, paru en 2004 à la Maison des Mécènes et repris en 2006 chez Naïve. Lors de la parution du recueil, L’Express mettait en évidence sa spécificité : « Les nouvelles de Rughoonundun dominent par la présence permanente de l’esprit mauricien. Tout y est : le décor, les types de personnages, l’atmosphère, les attitudes, les traditions locales, les croyances populaires, et même le fond d’histoires qui ressemblent à ces petites anecdotes souvent entendues. Toute l’écriture romanesque est conduite par la pensée et la culture mauriciennes. »
Chez Naïve, la quatrième de couverture présentait les daïnes : « Par quel miracle le corps du mendiant Kikolo suinte-t-il du miel ? Comment la dépouille de la Comorienne D'jamma s'est-elle volatilisée après avoir séduit l'ambulancier Grosventre ? La mort rôde dans ces onze nouvelles. Elle fauche les corps et tourmente les esprits, convoquant légendes et mythes mauriciens, telles ces daïnes, créatures mi-nymphes, mi-sorcières qui, la nuit venue, s'enduisent des cendres des morts ... »
« Impeccablement construites, subtilement dérangeantes, ces "chroniques" rappellent les meilleures nouvelles contemporaines, celles des Américains John Cheever et Raymond Carver, et renouent avec la tension fantastique de Guy de Maupassant ou de Théophile Gauthier. »

Après les Daïnes, ce deuxième volume des œuvres complètes présente dix nouvelles parues dans des recueils collectifs et deux textes inédits retrouvés dans les archives dont une belle histoire d’amour impossible, Retour simple. Aurore qui a rencontré Anil à Montpellier, est invitée à le rejoindre à l’Île Maurice où il est reparti sous la pression de ses parents et a réussi à trouver un emploi. Mais l’accueil ne sera pas à la hauteur des espoirs…

Le troisième volume, Poésie, réunit l’ensemble de l’œuvre poétique. Quatre recueils : Mémoire d’étoile de mer, La saison des mots, Chair de toi et Manama les mots oubliés ; dix-huit poèmes parus dans des anthologies ; et dix-huit poèmes inédits.
L’auteur a plusieurs fois évoqué dans des entretiens ou des réflexions écrites son besoin vital de recourir à l’écriture poétique. « Le langage linéaire et univoque exprime et dit. Il pose un message unitariste Alors que le langage poétique ne pose pas un message. Il se veut double, multiple et entrelacé. C’est dans sa multiplicité et son entrelacement que réside sa capacité de suggestion. Délibérément construit de façon elliptique et multi-référentielle, il permet de mieux appréhender la nature réfractaire des êtres. L’approche métaphorique ne désigne pas faussement les choses, bien au contraire, c’est la seule manière adéquate de les décrire de les décrire sans les trahir. »

Ce coffret est une belle occasion de découvrir ou retrouver l’œuvre d’un auteur important et original qui partage, par la nouvelle et la poésie, sa quête d’identité, son regard sur ses origines indiennes et mauriciennes, et sur les grandes passions humaines. Des textes à lire, relire et méditer.

Brigitte Aubonnet 
(07/04/26)    

Pour acquérir ce coffret, on peut contacter boyerlaurence11@gmail.com




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Pour mémoire
















Vinod Rughoonundun
(1955-2015)
est né à l'île Maurice
dans un milieu modeste.
Titulaire d’une maîtrise de lettres et d’un DEA en linguistique, il fut d’abord enseignant, puis journaliste, avant de dédier sa vie à sa passion de l'écriture.


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