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Arléa

88 pages - 14 €

René Char
(1907-1988)

Rencontres
avec France Huser



René Char laisse une trace très importante dans l’histoire littéraire comme dans l’histoire de la Résistance. Les biographies et bibliographies ne manquent pas.
Sa naissance à L’Isle-sur-la-Sorgue. Ses premiers écrits d’adolescent. Sa montée à Paris en 1929. Ses rencontres avec Éluard, Breton, Aragon et tant d’autres, peintres et écrivains. Son adhésion au surréalisme pendant quatre ans avant de s’en détacher en décembre 1934. Sa participation à la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Sous le nom de Capitaine Alexandre, il commande la section atterrissage parachutage de la zone Durance. En 1947, il participe à la naissance du Festival d’Avignon avec Jean Vilar. Et il ne cesse d’écrire….
Son œuvre poétique est constituée de dizaines de recueils et ses œuvres complètes dans la collection de la Pléiade comptent plus de 1500 pages.  Il fut selon Albert Camus « le plus grand événement dans la poésie française depuis Rimbaud ».


France HUSER, Les rendez-vous de l’Isle-sur-la-Sorgue

France Huser nous offre un regard très personnel sur le poète en évoquant plusieurs rencontres chez lui à l’Isle-sur-la-Sorgue dans la maison des « Busclats » achetée par l’auteur en 1960 comme un retour à cette ville natale dont son père a été maire au début du XXe siècle.  

C’est pour un entretien à paraître dans Le Nouvel Observateur que France Huser s’est rendue à plusieurs reprises chez le poète. Elle nous raconte ici leurs séances de travail. « Il avait d'abord refusé le magnétophone, mais ayant remarqué que je peinais à tout noter, il l'accepta. Et finalement il s'amusait de ce bruit léger de la bobine qui croquait les secondes, s'étonnant, et presque s'attristant de ne plus l'entendre si j'oubliais de mettre l'appareil en marche. Il l'appelait "le petit copain". »

René Char se livre sur de nombreux sujets. Son enfance, sa mère, les "Transparents" (ces vagabonds avec qui il aimait bavarder), la fin du lycée (en lançant un dictionnaire de latin à la tête de son professeur de français), ses premiers poèmes, ses souvenirs de Paris et de la guerre, son amour de la nature et bien sûr, toujours et avant tout, la poésie, comment il la conçoit et vit avec.

Les relations avec René Char n’étaient pas toujours un long fleuve tranquille. Il pouvait se montrer violent ou coléreux. « Ce changement soudain d'humeur, les ouragans qui emportaient René Char, je les ai subis quand je suis descendue de Paris tout heureuse pour lui soumettre l'entretien que venait d'approuver avec enthousiasme Le Nouvel Observateur.
"Vous m'avez trahi", me dit-il d'une voix blanche, parce que j'avais mis dans sa bouche divers épisodes – des différends avec le surréalisme, son amitié pour Camus, un voyage en avion au-dessus de la Durance pendant la Résistance – qu'il m'avait lui-même racontés la semaine précédente ; rien d'indiscret en fait, mais il voulait qu'on oublie le résistant et celui qui avait croisé les surréalistes – "ils m'ont un peu ennuyé", leur reprochait-il, les accusant d'être tombés dans la psychanalyse qu'il comparait à un puits, et il ajoutait qu'il n'aimait pas les chapelles. Seuls comptaient pour lui la poésie, le poète. Décontenancée et atterrée, je lui proposai de jeter au feu, qui brûlait dans sa cheminée, les vingt-neuf feuillets de l'interview. Il me suggéra de n'en jeter qu'une dizaine et remania le reste pendant trois jours, y ajoutant des éléments nouveaux. »

Finalement, une fois l’entretien publié, « naquit alors le projet de le poursuivre pour en faire un livre sous forme de questions-réponses ». De quoi alimenter de nombreuses et passionnantes rencontres.

Le contenu de ces entretiens a été publié chez Poésie/Gallimard avec comme titre Sous ma casquette amarante et le livre de France Huser vient éclairer ces entretiens d’un point de vue original, non seulement comme un « making-off » des entretiens, mais avec un regard attentif de l’autrice sur cet homme hors du commun, son tempérament, ses passions pour la nature et la poésie, sa manière d’être et de travailler.
Ses poèmes, les entretiens et ce livre constituent un ensemble cohérent pour mieux connaître et comprendre un des plus grands poètes du XXe siècle.

Serge Cabrol 
(11/06/26)    




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Pour mémoire
















René Char
(1907-1988)

Bio-bibliographie sur
Wikipédia









France Huser
critique d’art et écrivaine, a déjà publié une dizaine de livres.

Bio-bibliographie sur
Wikipédia








En trente-trois morceaux suivi de Sur la Poésie, Le Bâton de rosier, Loin de nos cendres et de Sous ma casquette amarante (entretiens)
Poésie/Gallimard
156 pages – 7,40 €