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Le cas Lambert
Le lampadaire

304 pages - 48 €

Honoré de BALZAC
(1799-1850)

Louis Lambert

Les curiosités des éditions du Lampadaire sont toujours passionnantes. Après Lectures de prison, voici une riche édition critique de Louis Lambert de Balzac, conte philosophique de La Comédie Humaine. Riche par le texte de Balzac, sa composition et la description d’un cas de folie, mais également par les textes d’aliénistes du XIXe siècle et les psychiatres du XXe ainsi qu’une iconographie de photos et de dessins du XIXe de malades mentaux, alors que la photo est naissante, nous introduisant dans le rapport arts et sciences.

En premier il y a le texte de Balzac, Louis Lambert, considéré par quelques balzaciens comme le meilleur de l’auteur. Il est intéressant par sa composition en plusieurs parties, qui correspondent plus ou moins aux remaniements de Balzac au cours des réimpressions du texte. D’abord il y a un roman de formation, d’enfance, où le jeune Lambert, Pythagore, se trouve avec le narrateur, le Poète, en pension, à Vendôme. Il est le « faisant » du Poète, et réciproquement, le « copin ». Ce sont des amis inséparables, « Nous contrefaisions mutuellement nos deux écritures, afin que l’on pût faire à lui seul, les devoirs de tous les deux », ce qui amènera plus tard les aliénistes à s’interroger sur le statut des deux personnages. S’ils ne faisaient qu’un seul, Balzac ? Louis, explique à son « faisant », sa théorie électrique de la Volonté. « Si les apparitions ne sont pas impossibles, disait Lambert, elles doivent avoir lieu par une faculté d’apercevoir les idées qui représentent l’homme dans son essence pure, et dont la vie, impérissable peut-être, échappe à nos sens extérieurs, mais peut devenir perceptible à l’être intérieur quand il arrive à un haut degré d’extase ou à une grande perception de vue. » Puis viennent les amours à l’adolescence, d’abord une sorte d’amour déceptif à Paris, il n’y a pas de communication entre les deux, puis l’amour fou à Blois, c’est le cas de le dire puisque Louis va être dans une crise aiguë de folie. Ce qui est passionnant dans ce roman, outre la description d’un cas de schizophrénie, quatre-vingts ans avant que la psychiatrie la nomme, c’est le mélange des écritures : récit classique, « balzacien » pour l’enfance, lettres d’amours, fragments des écrits de Lambert, description de sa crise de folie …

Puis nous entrons dans la partie documentaire. Elle commence par une riche iconographie qui aborde un grand thème « Art, sciences et folie ».  Photos et dessins cernent la folie généralement vue par la médecine mentale. Puis des textes de psychiatres, sur Louis Lambert, « À propos de la démence précoce, Balzac précurseur de Bleuler, par André Devic et Georges Morin, septembre 1927 », « Un schizophrène dans La Comédie humaine par Henri Claude et Joseph Lévi-Valensi, avril 1934 », et une postface de Julie Cheminaud. « Si art et médecine ont une longue histoire commune, et particulièrement depuis la Renaissance […] leur alliance prend une tournure singulière au XIXe siècle. »

Enfin pour terminer cet ouvrage singulier, une « Brève histoire du texte » signée Thierry Bodin, qui relate l’accident de diligence de Balzac, l’écriture du roman en deux mois et ses multiples remaniements (ou plutôt ajouts) qui amèneront au roman que nous connaissons. Cette édition  est exceptionnelle par sa richesse documentaire.

Michel Lansade 
(22/01/26)    




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Pour mémoire
















Balzac
(1799-1850)




Louis Lambert
a paru en 1832

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