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Bertrand SANTINI


Miss Pook et les enfants de la Lune


Le début fait penser à Mary Poppins mais la suite au lieu de s’appeler Alice au Pays des Merveilles pourrait s’intituler Élise au Pays des Horreurs car ce sont des monstres que va rencontrer la petite héroïne et pas des lapins blancs.

Dès les premières pages, nous découvrons Miss Pook, son parapluie violet à la main, en haut de la Tour Eiffel. Elle cherche la rue Payenne où elle doit se faire embaucher comme gouvernante. Plusieurs jeunes femmes se sont présentées pour obtenir cet emploi mais Miss Pook sait les évincer pour prendre la place.

La  voilà donc chez les Dubenpré chargée de s’occuper d’une petite fille de dix ans, Élise.
Nous sommes en 1907 et les recommandations d’Hector Dubenpré n’ont rien de progressiste. « – Mademoiselle, je ne suis pas le genre de père à envisager que ma fille aille plus tard au  lycée. Dieu merci, je lui épargnerai l'humiliation de se retrouver en classe avec les enfants de mes employés !
Je souhaite donc que ma fille soit préservée de l'éducation garçonnière et des brutalités de la science.
Vouloir instruire les femmes est aussi grotesque que leur demander de porter la moustache ou des pantalons. Quel mari voudrait d'une épouse qui disputerait les convictions de son époux ?
L'homme doit au contraire protéger la femme et lui permettre de s'épanouir dans une poétique ignorance des choses. »

Miss Pook acquiesce à toutes ces remarques, sachant qu’elle n’en fera qu’à sa tête et que son séjour dans cette maison sera de courte durée.

Sous son apparence de gentille gouvernante se cache en réalité une  sorcière dont le projet est d’enlever la petite fille pour l’emmener dans son château situé sur la Lune.

Mais la sorcière ne veut pas enlever la fillette par la force. Elle doit trouver un stratagème pour qu’Élise choisisse de son plein gré de suivre sa gouvernante. Nous n’en dirons pas plus sur l’affreux moyen utilisé…

Une fois sur la Lune, Élise découvre qui est vraiment Misss Pook et, en cherchant à lui échapper, affronte toutes sortes de monstres plus ou moins dangereux. Mais elle rencontre aussi d’autres enfants qui ont été enlevés comme elle. Les enfants de la Lune doivent faire preuve de solidarité pour éviter tous les pièges qui les menacent.

Outre la richesse de l’univers maléfique créé par l’auteur, l’un des intérêts du roman est de montrer  qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Miss Pook, les monstres et même les parents ont parfois une double personnalité et il n’est pas si simple de savoir si les personnes que nous rencontrons sont bienveillantes ou monstrueuses.

Bertrand Santini sait créer des personnages complexes et le lecteur, s’identifiant à la petite Élise, est confronté à beaucoup de rebondissements et de surprises.

Ce roman est le premier épisode d’une série. Nous attendons déjà la suite avec gourmandise…

Serge Cabrol 
(08/01/18)    



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Jeunesse







Grasset Jeunesse

192 pages - 13,90

À partir de 10 ans







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