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François BLAIS & Valérie BOIVIN


Le livre où la poule meurt à la fin



Voilà un album dont le titre pourrait laisser prévoir une histoire triste mais qui mêle en réalité avec bonheur l’humour et l’absurde.

Dès la première page, on est amusé par la tonalité du texte. Pourquoi cette poule s’appelle-t-elle Catherine ? « Comme le poulailler abritait des centaines de poules, on ne leur donnait pas de nom, mais Catherine avait décidé de s’appeler Catherine. Parce que. »
On est tout de suite prévenu, cette poule a du caractère et se distingue de ses congénères, la suite de le démentira pas…

Catherine a un grave défaut : elle est dépensière. Elle achète tout ce qui lui plaît et une double page affiche par le texte et par l’image un véritable inventaire à la Prévert (donc sans raton laveur) qui permet de jouer avec les jeunes lecteurs en leur faisant nommer ou montrer toutes les acquisitions de Catherine.
 
Quand le coq, Jean-Claude, essaie de la raisonner, elle a réponse à tout, révélant qu’elle achète à crédit et que c’est sans importance puisque d’ici peu elle ne sera plus là.
L’absurde atteint alors son comble avec la logique irréfutable de Catherine. « Mes créanciers n’auront que ce qu’ils méritent : il faut être stupide pour donner une carte de crédit à une poule. »

Aucune tristesse donc dans cette histoire qui est pourtant la chronique d’une mort annoncée mais au contraire beaucoup de gaité dans le texte comme dans les dessins qui sont aussi expressifs que joyeux, par le trait et par la couleur.

Nous n’en dirons pas plus sur la suite de l’histoire si ce n’est qu’à la fin Catherine a tout de même un regret que nous laissons au lecteur le plaisir de découvrir par lui-même.

Une lecture vive et drôle qui peut amener beaucoup de questions et de réflexions avec les enfants sur la vie et la mort, bien sûr, mais aussi sur cette nécessité d’acheter toujours plus d’objets souvent inutiles et sur le fonctionnent du crédit. S’amuser, s’émouvoir et réfléchir à la fois, une bonne définition de la littérature pour la jeunesse…

Serge Cabrol 
(10/11/17)    



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Jeunesse







Les 400 coups

(Novembre 2017)
Format 21,5 x 28 cm
32 pages - 13,50