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« L’histoire se passe dans une prison à ciel ouvert. On fuit les tirs. On fuit les bombes. On fuit la mort. Tout le monde fuit vers le sud. Ça recommence, la torture, la guerre, l’exode (comme en 1948 en Palestine, comme dans toutes les guerres récentes) et les tirs qui tuent aux camions de ravitaillement. Et ça recommence comme dans le tableau de Botticelli. « Entre des troncs d’arbres rectilignes comme des barreaux de prison à ciel ouvert, une femme nue est poursuivie par un cavalier et ses chiens. Elle fuit. Elle est debout, vivante, elle est allongée, morte. Les scènes successives sont peintes simultanément : le dépeçage au premier plan – la femme allongée sur le dos ouverte – et la poursuite à l’arrière-plan. […] La femme est déjà morte au moment de vivre. Son supplice est sans fin. […] Une fois éviscérée, la femme se relève et la poursuite recommence. » Walid fuit. Partout des morts et des blessés. « Baba, baba ! Ça veut dire quoi agonie ? » C’est la fuite vers l’entonnoir du check point, comme le supplice, comme un Y. La Ballade des Perdus est un roman tragique qui serre le cœur et les tripes. Il est rédigé dans une écriture très travaillée, poétique, et pour ma part, ce texte – préfacé par Marie-Christine Vandorme qui justement s’attache à l’écriture et suivi d’un après-lire de Ahmed Hanifi qui le contextualise dans l’histoire de la Palestine – est un véritable poème terrifiant. Mais comme le dit dans l’exergue Hélène Cixous : « Quand on oublie que ça [les guerres] nous regarde, qu’on considère que ça se passe entre deux mains qui ne nous concernent pas, on est complice de la mort. » Michel Lansade (30/07/26) |
Sommaire Lectures ![]() M.E.O. (Avril 2026) 80 pages - 14 € Préface de Marie-Christine Vandoorne Après-lire d’Ahmed Hanifi ![]() Christine Payeux est musicienne (viole de gambe) et écrivaine. Ballade des perdus est son septième livre. Bio-bibliographie sur le site de l’autrice |
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