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Cette troisième enquête du sous-préfet adjoint Paolo Nigra se déroule encore à Gènes où des coups de feu sont tirés sur des migrants africains en plein jour sur une place fréquentée de la ville. Six personnes sont blessées. Qui a tiré ? Pourquoi ? Ces questions sont au cœur du roman et Paolo Nigra n’aime pas les réponses trop évidentes très commodes pour cacher des vérités moins avouables. Dès la première page, nous voyons un homme de 25 ans, Franco Rosai, se préparer pour commettre un attentat. « Blouson à capuche et gants. Clef au-dessus de la porte. Rendez-vous à neuf heures précises. » Il répète les consignes en boucle et les applique à la lettre. Il prend sa voiture et repère facilement son mentor, Boiler. La suite est rapide. En passant devant la place de la Commanderie, Boiler sort un Beretta et tire six coups de feu sur un groupe de Nigérians et de Sénégalais en criant des injures racistes. Pendant ce temps, Nigra est à Naples chez son compagnon, Rocco, le comédien qui joue le commissaire Scognamiglio dans une série télévisée très populaire. Nigra a reçu une balle dans l’épaule lors d’une précédente affaire et il est en convalescence, le bras gauche bloqué dans une attelle. Mais il y a une autre raison pour sa présence à Naples. Rocco a décidé de présenter Nigra à ses parents et de leur révéler son homosexualité. Nigra a fait son coming out depuis longtemps, ce qui n'est pas évident dans la police, en Italie comme ailleurs. Alors que Rocco n’a pas la permission de son agent parce qu’il incarne le personnage d’un séducteur et qu’il est hors de questions de décevoir toutes les femmes qui constituent l’essentiel de son public. Mais il ne l’a pas non plus révélé à ses parents et il n’est pas serein en arrivant au repas familial avec son compagnon… À Gênes, la fusillade affole les médias et les chaînes infos tournent en boucle. On essaie d’interroger des témoins. La police a retrouvé rapidement la voiture. L’enquête avance. Le mobile ne fait aucun doute, c’est un crime raciste. Il faut chercher dans cette direction. Nigra ne voit pas la nécessité de rentrer à Gênes puisqu’il est en congé de convalescence. Mais ce serait trop simple ! Franco Rosai, l’homme qu’on a vu se préparer et qui conduisait la voiture pendant la fusillade est abattu en rentrant chez lui. À son domicile, la police trouve une arme et une lettre qui le désignent comme l’assassin d’une femme six ans plus tôt. Deux affaires résolues d’un coup, voilà de quoi réjouir la police. Sauf que ce crime datant de six ans est la seule affaire non résolue de Paolo Nigra et la culpabilité de Rosai ne le convainc pas du tout. Pourquoi et par qui a-t-il été tué ? Qui est ce Boiler qui était avec Rosai et qui a tiré sur les Africains ? Une adolescente a été témoin de la fusillade et voulait témoigner. Qu’est-elle devenue ? Et cette femme assassinée six ans plus tôt, qui était-elle ? Plus de questions que de réponses. Nigra, tenu au courant des détails par les fidèles membres de son équipe, décide de rentrer à Gênes. Le devoir l’appelle… Antonio Paolacci et Paola Ronco savent accrocher leurs lecteurs, à la fois par la nature et la complexité des intrigues mais aussi par les thèmes abordés (ici l’immigration, le racisme l’extrême-droite, mais pas seulement), la personnalité des personnages et les relations entre eux. L’adjointe Marta Santamaria qui fume sa pipe dès qu’elle le peut et s’exprime avec un langage direct et cru est une aide précieuse pour Nigra. Le substitut Elia Evangelisti vit une belle histoire d’amour clandestine avec Sarah, une voisine de Nigra. Et autour d’eux, beaucoup d’autres proches ou adversaires de Nigra. Serge Cabrol (18/05/26) |
Sommaire Noir & polar ![]() Rivages / Noir (Avril 2026) 350 pages - 22 € Traduit de l'italien par Sophie BAJARD
paolacci-ronco.it Découvrir sur notre site les précédents volumes de la série : Nuages baroques Le point de vue de Dieu |
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