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Maryline DESBIOLLES

Rose la nuit


En lisant le titre du nouveau livre de Maryline Desbiolles, Rose la nuit, certains certaines penseront peut-être à Robert Desnos et à ses « Rrose Sélavy ». Pour Desnos, et avant lui Marcel Duchamp, « Rose » faisait référence à Eros alors qui sait ? Rose la nuit en parlera peut-être aussi...

Ouvrons donc le livre, où d’emblée sa genèse nous est révélée par l’auteure : elle a voulu rencontrer (et a passé une annonce en ce sens) des femmes qui s’appellent Rose. Pour leur demander quoi, cela, ce n’est pas dit et c’est très bien ainsi puisque l’auteure a ses secrets. De toute façon, savait-elle à ce moment-là ce qui allait se passer avec les femmes qui lui répondraient ? On peut supposer que non et que l’aventure du livre était justement là, dans cet inconnu d’où a forcément surgi l’écriture.

Ce qui a surgi est un récit unique, comme Maryline Desbiolles seule sait en écrire : un récit consacré à des personnes simples, à qui la parole n’est jamais donnée. Elle, elle la leur donne, cueille leur voix, leurs mots, leur histoire. Leurs histoires plus exactement puisque les Rose ont plusieurs histoires à raconter. Parfois, une Rose peut même en cacher une autre et des parallèles de vie se font. À moins qu’une seule Rose ne raconte pour toutes les autres ?

Une seule semble en tout cas être la narratrice. Il s’agit d’une SDF qui parle en effet d’amour (Eros) mais aussi d’enfance, de cassures, d’émerveillements. Elle parle de vallées, de routes, de paysages. Chaque vie est un parcours, on le sait, mais ici, dans ce livre, en écoutant Rose ou les Rose, on le mesure.

Ne pas oublier non plus que tout se passe la nuit. Rose la nuit indique bien le titre et ce n’est pas à négliger. La nuit, une nuit, aux Urgences. L’hôpital s’affaire mais une femme, une SDF qui vient de se faire lyncher, Rose, Rose brille comme un ver luisant en racontant ses histoires à qui veut bien les entendre. Les infirmières se prennent au jeu, une écrivaine aussi, toutes venant à son chevet pour l’écouter, et Rose la SDF blessée devient Shéhérazade.  

Rose la nuit serait ainsi Rose aux mille et une nuits ? Peut-être. Mais avec des histoires d’aujourd’hui. Des histoires de femmes. Des histoires de Rose qui disent que, tout ça, c’est la vie.

Isabelle Rossignol 
(15/01/26)    



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Maryline DESBIOLLES, Rose la nuit
Sabine Wespieser

(Janvier 2026)
144 pages - 18 €



Maryline Desbiolles
a déjà publié plusieurs dizaines de livres et obtenu plusieurs prix littéraires dont le Femina.


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