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Victor DEKYVÈRE


Les années bleues


Une belle et triste histoire d’amour et d’amitiés. Belle parce que les amitiés durent toute une vie. Triste parce qu’il s’agit d’un amour impossible qui lui aussi va durer toute une vie.
Un roman qui évoque les différences de milieux sociaux dans une ville de province et qui fait une large place à une passion pour la musique.

Le roman s’ouvre sur un enterrement en 2019. Elias le narrateur, soixante-neuf ans, est inconsolable de la perte de Julien.
Dès la deuxième page, nous sommes emmenés à Roubaix en 1959. « J’avais neuf ans lorsque J’ai rencontré Julien. J’étais seul, timide et je m’inventais des mondes dans la cour de récréation. » Une bagarre a éclaté pour une histoire de billes entre deux garçons dont l’un s’appelait Benoît. « Le ton monta et soudain Benoît se prit un poing, valdingua et se rattrapa à ma chemise qu’il déchira. Julien s’interposa et nous fit signe de nous échapper en courant. J’ai tout de suite su, quand Benoît s’esclaffa, qu’on ne se quitterait jamais. »

Elias vit dans un quartier ouvrier. La famille était heureuse mais le bonheur a explosé quand le petit frère d’Elias est mort à l’âge de deux ans. Depuis, sa mère est plongée dans une profonde dépression. Pour tromper sa solitude, Elias rejoue sur le vieux piano une chanson de Trenet que sa mère leur interprétait autrefois.

Benoît habite « une demeure moderniste à l’allure d’un grand navire en brique jaune sorte de château contemporain au balcon rectangulaire et à l’escalier extérieur en spirale. » Ses parents sont architectes.
 
« La maison de Julien était blanche, de plain-pied, avec un toit en ardoise. Une allée de fins cailloux menait à un élégant perron en brique, desservi par un escalier. C’était élégant, dégagé, aucun nuage noir. Les riches ne sont pas bêtes, ils ne construisent pas les usines près de chez eux. » Le père de Julien est propriétaire d’usines, sévère et rigoureux, sa mère dirige fermement la maison, l’atmosphère est guindée. « On se vouvoyait, on ne se prenait pas dans les bras. »

Issus de milieux différents, Elias, Julien et Benoît vont devenir amis malgré leurs différences sociales mais aussi leurs différences de tempérament. Benoît est plutôt le meneur, intrépide et toujours prêt à entraîner le groupe dans les pires aventures. Elias est plus solitaire et passionné par la musique. Julien suit les autres.
Au fil des années, Benoît va mener une existence libre et brouillonne, ici et ailleurs. Julien suivra la voie familiale et la direction des usines. Elias consacrera sa vie à la musique, pour le meilleur et pour le pire. Mais ils ne se perdront jamais de vue et sauront se retrouver quand l’un ou l’autre en aura besoin.

Et l’amour dans tout ça ? C’est à quinze ans, au collège, qu’Elias rencontre Violaine pour la première fois. Elle est aussi issue d’un milieu aisé. Elias et ses amis décident de l’inviter à une soirée mais Elias ne peut pas le faire chez lui. Ils choisissent d’organiser la fête chez Julien en l’absence de ses parents. Violaine croit se trouver chez Elias, ce que confirme Benoît avec espièglerie. Premier mensonge, premier quiproquo. Ensuite la timidité, la surprise de la tenir dans ses bras pendant un slow, le font paniquer. Déçue, elle se venge en allant embrasser Julien. C’est le début d’un chassé-croisé qui va durer cinquante ans, avec des rencontres qui, chaque fois, tournent mal, parce qu’ils ne sont jamais sur la même longueur d’ondes au même moment.

Violaine épouse Julien mais chacun des deux aime Elias à sa façon. À cette époque et dans sa famille, il n’est pas question pour Julien d’avouer qu’il préfère les garçons…

De nombreux personnages secondaires croisent l’existence d’Elias et influent sur son parcours mais sans résoudre l’équation de son impossible amour et l’indestructible lien entre sa musique et Violaine.

La construction en courts chapitres donne un rythme vif au roman qui aborde de nombreux thèmes forts, l’amour et l’amitié bien sûr, mais aussi l’époque trouble de l’adolescence, les différences de milieux sociaux, le manque de confiance en soi et les mauvais choix, l’homosexualité refoulée, la passion pour la musique, le rapport entre création et succès…
Un premier roman qui annonce l’émergence d’un nouvel auteur. À suivre…

Serge Cabrol 
(23/04/26)    



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Rivages

(Janvier 2026)
256 pages - 20 €
Version numérique
14,99 €













Victor Dekyvère
est un journaliste connu pour ses interventions dans l’émission C l’hebdo sur France 5. Il collabore également avec Arte
et France 3.
Les Années bleues
est son premier roman.