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Thomas BRONNEC


Toute l’infortune du monde


Une fois encore l’auteur nous emmène dans un futur proche. L’année n’est pas indiquée précisément mais ce pourrait malheureusement être dans très peu de temps. Une époque où la situation du monde a encore empiré. Ce ne sont plus Poutine et Trump qui sont au pouvoir mais Nikita Malishev et Roy Patterson, des chefs d’état qui ressemblent fort à leurs prédécesseurs.
En France, c’est une femme qui est au pouvoir, Émilie Cornelly. Face aux menaces russes et américaines, elle soutient la création d’une force militaire tripartite entre l’Allemagne, la Pologne et la France, les trois armées les plus puissantes d’Europe. En France, bien sûr les avis sont très partagés.
Le roman se déroule sur les 15 jours qui précèdent le vote à l’Assemblée nationale de la loi autorisant la Présidente à mettre en place cette armée tripartite. L’atmosphère est très tendue.

Des intimidations extérieures ont lieu de plus en plus souvent avec des drones venant percuter des immeubles et même une rame de métro aérien en plein Paris.  Difficile de savoir si les attaques sont russes ou américaines, le président Patterson ne critiquant absolument pas ces attentats.
Dans cette atmosphère et cette situation, nous allons vivre au plus proche les réflexions, l’espoir et les déceptions de la présidente de la République, l’attitude de ses ministres cachant encore quelque temps leur désir de changer de camp et de ses rivaux, comme Serge Valance, un sénateur un peu oublié qui revient sur le devant de la scène grâce à son soutien au président américain et à son refus d’une force armée tripartite.

Et puis comme souvent dans les romans de Thomas Bronnec, il y a le conseiller de l’ombre très proche de la Présidente, qui ne revendique aucun poste ministériel et se contente de lui prodiguer en toute honnêteté conseils, soutien et assistance. Il s’agit ici de Mathieu Mondolonian. Coté vie personnelle, il est toujours très amoureux de Romane mais a dû la quitter parce que sa vie professionnelle sans horaires ni répit ne laisse pas suffisamment de place à une vie de couple.
Dans l’ombre, on trouve aussi les négociateurs, des intermédiaires capables d’activer des canaux de discussion parfois tortueux. Il s’agit de riches et discrets hommes d’affaires qui ont des réseaux, des relations au-delà des frontières, comme Stéphane Mazières qui a fait de lucratives affaires bancaires en Russie et conserve de bonnes relations avec des autorités russes Dès les premières pages du roman, il va pouvoir proposer ces services.

Denis Descard, un expert en logistique français, embauché par une usine de fabrication de verre plat, dans la zone économique spéciale d’Alabuga en Russie, a été approché par la DGSE pour chercher de l’information sur les usines de la région où l’on fabrique des drones.
Une fois sur place, il n’a jamais pu sortir du périmètre de son usine et obtenir la moindre information sur quoi que ce soit. On est loin de James Bond !
Par contre, il s’est fait piéger pour une histoire de clé USB et s’est retrouvé en prison pendant sept mois dans des conditions épouvantables. Suite à un simulacre de procès, le voilà maintenant condamné à dix-sept ans de prison mais installé provisoirement dans une datcha très confortable non loin de Moscou.
Sa libération et son retour en France seraient un succès diplomatique pour la présidence de la République. Mathieu Mondolonian va rencontrer Stéphane Mazières et les négociations commencent.
Mais Denis Descard, l’apprenti espion désabusé, n’est pas armé pour résister au charme d’Elvira, la jeune femme chargée de s’occuper de lui dans la datcha, qui lui parle avec tendresse et humanité. « Tu aurais raison d’en vouloir à la Russie. Mais si tu regardes le tableau d’ensemble, tu peux en vouloir à beaucoup de monde. En vouloir à ton pays aussi. Et à ta présidente. Ce que je veux te dire, c’est que ce n’est pas noir ou blanc. C’est plus compliqué que ça. Mais tu vas retourner en France, je te rassure. Ta présidente te veut. Ceux qui sont en charge sont en train de voir comment ça va se passer. Nous on attend. C’est tout. Et on attend ensemble. Pendant qu’on attend, je vais essayer de faire évoluer ta vision d’Occidental buté sur ce qu’est vraiment l’Europe. »

Pendant la première partie du roman nous apprenons à connaître tous ces personnages et nous voyons se mettre en place les relations entre les uns et les autres. Nous découvrons la situation dans laquelle vit le pays et le reste du monde dans cette période très chaotique. Nous vivons dans un univers sous tension.
Et c’est alors que se produit un événement aussi violent qu’imprévisible : l’attaque d’un groupe d’immeubles en plein Paris, la prise en otages de centaines de personnes !
Et là tout bascule. Tous les personnages sont concernés, d’une manière ou d’une autre, des plus importants aux plus secondaires.

L'auteur nous entraîne dans une formidable aventure politique et diplomatique, policière et militaire, dont il a le secret, sans oublier des histoires d’amour complexes qui ont bien peu de chances de survivre au chaos ambiant.
Le roman est sombre, bien sûr, mais non dénué d’espoir tant qu’il reste des citoyens prêts à la résistance comme il s’en est trouvé à toutes les époques de notre histoire.

Serge Cabrol 
(08/06/26)    



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Noir & polar







Thomas BRONNEC, Toute l’infortune du monde
Série Noire
(Mars 2026)
448 pages - 20 €







Thomas Bronnec,

né à Brest en 1976, est journaliste à Ouest-France.
Toute l’infortune du monde est son septième roman.


Bio-bibliographie sur
Wikipédia





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