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Olivier BARDE-CABUÇON


Le procès du rhinocéros blanc
Une enquête du commissaire aux morts étranges


Nous sommes au printemps 1761, sous le règne de Louis XV, Sartine est toujours lieutenant général de police et c’est lui qui emploie Volnay, Guillaume et Hélène pour mener les enquêtes délicates.
Le chevalier de Volnay a vingt-sept ans et porte le titre de commissaire aux morts étranges. Nous l’avons déjà suivi dans ses voyages, à Venise ou au Caire, et le voici de retour à Versailles.
Son père, Guillaume, moine défroqué, l’accompagne et le fait profiter de ses connaissances médicales. « Il avait suivi l’enseignement de l’anatomie à la célèbre université de médecine de Padoue ainsi que l’art d’examiner les cadavres et de les disséquer. L’école de Padoue disposant d’un jardin botanique où l’on cultivait les plantes médicinales, il avait fort appris en ce domaine, pensant avec justesse qu’il y avait mieux à faire que saigner les malades pour les guérir. »
Hélène est une proche de la Pompadour, ce qui arrange bien Sartine pour percevoir tout ce qui se trame autour du roi et que sa majesté ignore. Hélène a eu une relation très intime avec le moine mais c’est surtout l’amitié et la complicité qui les unissent aujourd’hui. Son entregent et son audace sont très précieux pour résoudre certaines enquêtes.

Alors qu’ils sont occupés avec le cadavre d’un courtisan qui a abusé de la  poudre de cantharide appelée aussi mouche d’Espagne, un puissant aphrodisiaque qui peut se révéler mortel quand on dépasse la dose prescrite, une jeune femme vient en courant annoncer un autre décès, « un meurtre à la Ménagerie du roi ! »
Voilà qui relève plus sérieusement des compétences d’un commissaires aux morts étranges. C’est Louis XIV qui a fait bâti cet édifice pour « accueillir les animaux exotiques que tout grand roi se devait de posséder. C’était un grand bâtiment au dôme argenté encadré par deux pavillons. En longeant par la gauche ce bâtiment, on franchissait une grille pour pénétrer dans une étonnante cour octogonale où se trouvaient disposées en demi-cercle six fontaines et, placées tout autour en corolle, le visiteur pouvait admirer sept autres cours séparées par des murs et des grilles : les espaces réservés aux animaux du roi. »
Et dans l’un de ces espaces, celui qui pourrait bien être le meurtrier du jour. Un énorme rhinocéros blanc. « La corne de la bête était tachée de sang et à ses larges pattes gisait un homme aux riches habits, la tête renversée sur le côté, les yeux grands ouverts et la poitrine déchirée. » Le duc d’Etel-Semolens.
Que faisait-il là, avec son épée à quelques pas, dans un enclos fermé à clé ? Est-il venu de lui-même dans un pari fou pour affronter la bête ? Y a-t-il été enfermé par quelqu’un ? Est-ce vraiment le rhinocéros qui l’a tué ? Il faut d’abord sortir le corps de l’enclos avant d’en savoir plus et la technique de l’époque est loin des conditions de sécurité des zoos d’aujourd’hui…
Le concierge de la Ménagerie s’est absenté quelques jours et c’est sa fille Charlotte qui assure la maintenance en attendant son retour. Heureusement, elle connaît les animaux par cœur depuis son enfance et va se révéler d’une aide précieuse auprès de Volnay qui la trouve aussi courageuse et efficace que belle et charmante…

Les proches du duc ont demandé la mort du rhinocéros mais la Pompadour rappelle au roi que cet animal est un cadeau qu’il lui a offert. Elle demande un procès pour le rhinocéros.
« Le roi sursauta.
– Un procès d’animal ? Il n’y en a pas eu depuis le siècle dernier.
– Détrompez-vous, dans vos provinces on y recourt encore.
– Chez les pécores, passe encore, mais ici, à Versailles… Voulez-vous donc que je passe pour un sot ?
– Plus pour un homme juste. »
Le roi finit par accepter le procès.
Les enquêteurs vont devoir mettre les bouchées doubles pour éclaircir cette histoire et comprendre les diverses responsabilités, celle du rhinocéros bien sûr, mais aussi celle du Duc et celles de beaucoup d’autres personnes liées d’une manière ou d’une autre à cette mort étrange.

Cette enquête va aborder de nombreux sujets, périphériques mais en lien avec la mort du Duc, comme la peinture animalière, l’écriture des contes de fées après Perrault et Madame d’Aulnoy, le libertinage à la cour, le commerce des aphrodisiaques, les aspects cachés des fêtes royales et bien d’autres encore…

Une fois encore, Olivier Barde-Cabuçon nous immerge dans le XVIIIe siècle et c’est toujours un plaisir de suivre ses héros dans le quotidien et l’atmosphère de cette époque dont nous découvrons toujours de nouveaux aspects souvent insolites.

Serge Cabrol 
(27/04/26)    



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Noir & polar








Actes Noirs
(Avril 2026)
320 pages - 22,50 €

Version numérique :
16,99 €







Olivier Barde-Cabuçon

vit à Lyon. Il a déjà publié quinze romans dont dix enquêtes du "commissaire aux morts suspectes".


Bio-bibliographie sur
Wikipédia






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Petits meurtres au Caire

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