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Alain TARDITS


Un escroc dans les klongs


Nous sommes en 1983. Après avoir été militaire (parachutiste et plongeur), puis policier, Frédéric Taquin est maintenant détective privé. En digne successeur de Nestor Burma, il occupe un bureau à Paris avec sa secrétaire Estelle et ne roule pas sur l’or.
De temps à autre, son ex-femme, Sylvia, une Italienne de Turin, lui propose quelques enquêtes pour la société d’assurances où elle travaille.
C’est justement le cas au début de ce roman. Giovanni Batista, un plongeur a été dévoré par un grand requin blanc dans le port de Syracuse alors qu’il réparait des installations sous-marines pour une société d’entretien. L’assureur doit payer une prime importante pour sa veuve et son fils. Bernardo Bernardi, le directeur de la compagnie d’assurance, n’est pas convaincu par ce scénario. La disparition totale et brutale du plongeur a tous les aspects d’une arnaque. Encore faut-il le prouver.
Il a déjà mis deux enquêteurs sur le coup, les frères Maroto, mais sans grande efficacité et Sylvia lu a rappelé que son ex-mari serait bien plus compétent sur cette affaire.
Frédéric se trouve donc embauché et c’est le début d’un long voyage.
Après avoir rencontré Bernardi à Naples, il se rend à Syracuse où toutes ses recherches confirment que l’attaque d’un requin est impossible et que la disparition du plongeur n’a rien d’accidentel. 

Frédéric décide de suivre son intuition : l’arnaqueur est parti en Thaïlande…
« Khaosan Road est le nom de mon nouveau royaume bouillonnant de vie, logé au cœur de Bangkok. Parmi ce magma constitué de millions de particules humaines accourues du monde entier, une seule m'intéresse : un touriste en vacances prolongées ou qui tente carrément de refaire sa vie, le choix n'est pas tranché. Peu importe, je dois le retrouver, pas analyser ses motivations. Il m'arrive de le chercher dans la foule et de rêver l'alpaguer par hasard. Signes particuliers : ce plongeur du port de Syracuse a vingt-neuf ans, mesure un mètre soixante-treize, a la peau mate, les yeux noirs, un début de ventre, les épaules musclées, une grosse tête, les traits fins, des cheveux raides couleur charbon, des jambes archées et de nombreuses cicatrices sur le dos et les bras. Il passe pour bel homme, d'après Estelle, sans doute à cause de son étiquette de macho italien. »
Sur quoi repose l’intuition du détective, mystère…

Au bout de quelques jours, Frédéric est rejoint par l’un des frères Maroto sur ordre du directeur. Le détective n’est pas ravi, il préfère travailler seul.
« Nos points forts sont évidents : inexpérience, incapacité à parler la langue du pays, doublée d'un manque de préparation et d'une totale absence d'esprit d'équipe. »

Leurs déambulations dans les rues de Bangkok de jour et de nuit nous renseignent sur les activités de la ville, qu’il s’agisse de l’exploitation du tourisme, de la façon de se loger et se nourrir ou de la prostitution mais, sans complaisance, dénonçant le tourisme sexuel et la vente des enfants du nord du pays à des proxénètes qui les achètent soi-disant pour en faire des artistes dans la capitale.

Dans cette Venise thaïlandaise, les canaux s’appellent des klongs et nous allons beaucoup les utiliser quand le détective quitte le centre-ville où les rickshaws lui servent de taxis.

Grâce à un contact sur place, il rencontre le Père Lissilec, un missionnaire breton installé près de Bangkok, qui a créé un camp de réfugiés, notamment des familles vietnamiennes, des boat-people, qui ont fui leur pays. Beaucoup d’enfants dans cette cour des miracles thaïlandaise, des enfants qui ont l’habitude de courir les rues, connaissent la ville comme leur poche, sont à l’affut de tout ce qui s’y passe et vont servir d’informateurs à Frédéric pour essayer de retrouver l’Italien récemment arrivé.

L’auteur maîtrise bien la notion de suspense. Le roman est construit en alternance de plusieurs points de vue. Frédéric, à la première personne, mais aussi Estelle la secrétaire, Sylvia l’ex-épouse turinoise, Bernardi le patron napolitain… Et bien sûr chaque fin de chapitre nous laisse sur notre faim comme dans les feuilletons du XIXe siècle.

Évidemment, retrouver un Blanc, un Européen, un Italien dans cette ville grouillante de touristes de toutes nationalités qui arrivent ou repartent chaque jour par centaines, ouvre le champ à toutes sortes de méprises et de fausses pistes. Mais Frédéric est tenace et bien décidé à aller jusqu’au bout de sa mission…

Selon la quatrième de couverture : « Un escroc dans les klongs est le premier d’une série de quatre romans qui relatent les enquêtes aventureuses de Frédy Taquin. » Alors avis aux amateurs curieux de découvrir et accompagner un nouveau détective…

Serge Cabrol 
(18/08/25)    



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Noir & polar







Alain TARDITS, Un escroc dans les klongs
Phare & Lampions
(Juillet 2025)
316 pages - 14 €









Alain Mendou Tardits,
né à Paris, a vécu une partie de son enfance au Cameroun, d’où il a rapporté des souvenirs et son deuxième prénom. En France, il a laborieusement obtenu une licence de littérature américaine, qui lui a ouvert les portes de nombreux métiers : moniteur de boxe, vendeur de fringues, joueur de poker, homme sandwich, conteur, organisateur de tournois d’échecs et de spectacles, etc. C’est au cours d’un séjour à l’hôpital qu’il aborde l’écriture. Il alterne depuis entre sketches, scénarios, contes historiques, et maintenant, romans policiers.
(Source éditeur)