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Marto PARIENTE


Balanegra


Un ancien tueur à gages, Coveiro, qui avait organisé sa propre mort, s’est installé comme fossoyeur à Balanegra pour s’occuper de son neveu autiste, Marco. Il doit reprendre du service car ce dernier disparaît après un enterrement. Voilà pour l’intrigue qui, grâce à une narration originale, en fait un polar captivant.

D’abord il y a une galerie de personnages hauts en couleur. Dudas Franco organise le "bonneteau", la disparition de Leon de Miguel, pédophile, qui doit réapparaître sous un autre nom, dans un autre "gobelet" (pays). « L’atmosphère convenait parfaitement à Dudas Franco, alias le Duc. Pantalon de serge et chemise bleue entrouverte, pas de cravate, des touffes de poils blancs en tire-bouchon au-dessus du dernier bouton, décontracté pour son âge. Le regard perdu sur les drapeaux qui ondulaient au-dessus de la tribune d’en face et les mains croisées dans le dos. Il faisait jouer son dentier dans sa bouche lorsqu’il entendit les claquements de talons. » C’est Rubi de Miguel, la commanditaire du bonneteau de son fils qui arrive. « Rubi de Miguel – alias la Matriarche, alias Black Jack, alias la Porchère – se rendait au cynodrome assise à l’arrière d’une berline noire. La cloison de séparation fermée. À côté d’elle, sans sa ceinture de sécurité, un cochon de lait sevré deux semaines plus tôt dormait roulé en boule, un porcelet qui n’avait pas de nom mais répondait, entre autres, aux surnoms de "Mon tout beau" et de "Cochonnerie" selon qui l’interpellait. Sur son dos, une blague macabre tatouée au fer rouge : I 🖤 BACON. »

Rubi de Miguel est la patronne de Carbac, ou s’entend barbaque, qui fournit en viande toute l’Espagne. Il y a encore Bobby et Bobby, mari et femme, des "liquidateurs" qui n’arrêtent pas de se chamailler, par ailleurs bons voisins qui invitent l’environ à un barbecue. Le Russe, policier véreux, et d’autres encore, plus affreux les uns que les autres. Ce sont des désaxés, des acteurs d’une violence insupportable, immoraux, que certains nomment "saletés" ou "ordures". Mais ils sont également loufoques, comiques, si bien que l’humour désamorce la violence, un peu comme dans un film de Tarantino.

La composition du récit suit le même chemin, humour et dramatisation. Les chapitres sont courts, quatre ou cinq pages, ce qui donne un rythme rapide à la lecture. Pour rompre la monotonie de la synchronie, ils ne sont pas tous par ordre chronologique et varient dans leur contenu (description, actions, dialogues) ce qui active la dramaturgie. Les titres des chapitres jouent avec leur contenu. « Tout pend à la queue du chien », « Quelque chose comme la nostalgie », « Le doute est permis », « Vous êtes nouveau en ville ? »… Titres qui n’ont rien à voir avec la noirceur des chapitres.

Balanegra est un excellent polar à la noirceur tempérée par l’humour et à la hauteur du précédent, La sagesse de l’idiot.

Michel Lansade 
(17/07/25)    



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Noir & polar








Gallimard / Série Noire

(Avril 2025)
224 pages - 20 €

Version numérique :
14,99 €


Traduit de l’espagnol par
Sébastien Rutès




Marto Pariente
est un ancien membre
de la Guardia Civil.



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son précédent roman :
La sagesse de l’idiot