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COLLECTIF coordonné par Chloé Delaume

Nullipares et alors ?
Être sans enfants



Avoir ou non un enfant, n’est pas toujours un choix facile. La pression familiale et la pression de la société existent en permanence quand une femme décide de ne pas avoir d’enfants. Au fil des siècles, les femmes sont souvent considérées comme un utérus qui n’est pas rentable s’il n’y a pas engendrement. Très souvent les femmes qui ne souhaitent pas être mère doivent justifier leur choix en permanence. Le bonheur d’être mère est évoqué très fréquemment mais rarement les bonheurs de vivre sans enfants. Des voix de femmes s’expriment avec beaucoup de sincérité et de regards spécifiques.

« Nullipare, ça vient du latin nullus, « aucun », et parere, « enfanter » : qui n’a jamais vécu d’accouchement. De toutes les injonctions martelées par le système patriarcal, de toutes les pressions normatives exercées par la société, la plus prégnante est celle liée à la reproduction. » Préface de Chloé Delaume.

Des formes d’écriture très différentes permettent aux autrices d’exprimer leurs ressentis.

« Comme si notre vie sans enfants ne pouvait être aussi palpitante, aussi passionnante, aussi remplie d’amour qu’une vie de parent. Comme si nous ne pouvions pas, nous aussi, être garant.e.s du futur de l’humanité, nous sentir concerné.e.s par le bien-être des enfants et des générations à venir, comme si ne pas procréer témoignait inévitablement d’un égoïsme crasse, à rebours des besoins de l’humanité. » Bettina Zourli

« Avoir un enfant serait donc faire exister un être mortel que j’aimerais plus que tout. Avoir un enfant serait donc de créer volontairement la possibilité du pire deuil de toute ma vie. Une véritable tragédie dont je serais l’auteure. » Mathilde Forget

« Longtemps j’ai cru vouloir être mère. Ou devoir être mère, peut-être. Comme nombre de femmes, j’ai grandi avec la maternité comme une évidence, un horizon inéluctable : ne pas être mère ne figurait pas dans mon schéma social. […] Dire non à la maternité quand on est une femme, c’est audacieux. Et quand on est comme moi une femme noire, c’est singulièrement téméraire. » Rokhaya Diallo

« J’ai grandi dans un endroit où il est demandé aux personnes dotées d’un utérus, dès leurs 3 ans, qui est leur amoureux. À 9 ans, il ne s’agit plus de savoir si ces personnes veulent avoir des enfants mais combien elles en veulent. » Aurélie Olivier

« La conviction selon laquelle il devrait y avoir une seule "bonne" manière de vivre, qui conviendrait à toutes les femmes, nous colle aux semelles comme un chewing-gum. » Mona Chollet

« Tu te demandes combien, parmi celles qui ont franchi le Rubicon maternel, sont en vérité des nullipares contrariées. » Nina Yargekov

« C’est donc pendant cette tournée où ma fertilité tournait, elle au vinaigre, dégommée par l’âge et la testostérone que j’ai décidé d’adopter des bébés trans. » Océan

Sur trois pages, Chloé Delaume choisit la rime comme un pied de nez impertinent à Racine et Corneille.
« Il faut bien une raison à cette posture fâcheuse
Refuser une carrière dans la maternité
Reste une anomalie, et on aimerait qu’honteuses
Les nullipares s’excusent de ne pas participer »

« J’ai toujours autant de colère face aux violences du monde dont une bonne part me paraissent être l’œuvre du masculinisme ou du patriarcat, ce qui cherche à dominer, à réduire à ses valeurs, ce drapeau toujours à planter sur des sommets à conquérir, le ventre des femmes à posséder, les références perpétuellement phalliques. » Jane Sautière

« Je réalisais alors que, même adulte, une femme n’accède jamais à la pleine autonomie corporelle sur laquelle la société se réserve un droit de supervision. » Amandine Gay

Et Lydie Salvayre, en dix-sept points, nous livre son « Bréviaire des raisons alléguées par les nullipares en vue de justifier leur choix calamiteux. »

C’est un recueil passionnant qui montre bien toutes les façons de se vivre femme.
Il est essentiel de donner voix aux femmes car les régressions qui existent dans de nombreux pays montrent que le combat fĂ©ministe est toujours à mener.

Chaque texte est précédé d’une bio-bibliographie de l’autrice et permet de découvrir des voix et des parcours.

Brigitte Aubonnet 
(10/11/25)    



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Points

(Novembre 2025)
176 pages - 8,95 €

Version numérique
6,49 €


COLLECTIF
coordonné par
Chloé Delaume


Avec des textes de :

Mona Chollet
 Rokhaya Diallo
 Mathilde Forget
 Amandine Gay
 Océan
 Aurélie Olivier
 Lydie Salvayre
 Jane Sautière
 Nina Yargekov
 Bettina Zourli












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le nouveau roman
de Chloé Delaume:

Ils appellent ça l’amour