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Éric STALNER

Fils de bourge

Le doux printemps 1936





Cet album historico-politique met en scène un adolescent, lycéen en Terminale, en opposition, avec son père et le milieu bourgeois dont il est issu et mal accepté par les ouvriers dont il voudrait se rapprocher.

On est en été 1935, ce sont les vacances scolaires, et François découvre un petit coin de province où son père vient d’être embauché comme sous-directeur d’une usine de papier.
Jacques Bompierre règne sur sa famille selon les codes anciens, à coups de ceinture si nécessaire. L’auteur a trouvé une très belle métaphore pour ces séances de châtiments corporels. La libellule et le crapaud. François s’imagine libellule et doit résister le plus longtemps possible avant d’être mangé par le crapaud, c’est-à-dire pleurer ou crier de douleur. Il supporte maintenant jusqu’à douze coups de ceinture.

François est un ado solitaire qui aime se balader à vélo et grimper à mains nues les parois rocheuses. Il a trouvé un endroit agréable en bord de rivière mais une bande d’ados du coin en a fait son pré carré et François doit se battre pour y être admis. Ces ados sont fils d’ouvriers et communistes. François s’efforce de ne pas dévoiler son identité mais l’anonymat de dure pas très longtemps et il se trouve dans la délicate situation du "fils de bourge" dans un groupe de "rouges".

À l’usine la situation est aussi difficile. La crise de 1929 a fait des dégâts et les ouvriers sont en grève pour une augmentation de salaires. Le directeur, véritable despote local, n’entend pas céder et choisit de faire appel au préfet et à la gendarmerie pour mettre fin à cette situation.

François affronte la violence du père comme les ouvriers affrontent la violence patronale.
Face au rejet des "rouges", il doit sans cesse donner des preuves de sa bonne foi et de sa loyauté jusqu’à les aider dans une bagarre contre "la bande du tennis" qui regroupe les enfants de notables.

Heureusement, il peut compter sur l’amitié de Paul, fils d’ouvrier qui étudie avec acharnement pour devenir médecin, et sur Alice la bibliothécaire.

Le temps va passer et la victoire du Front populaire en mai 1936 ouvre des horizons ensoleillés.
Mais l’auteur ne s’arrête pas sur ce qui pourrait être un sympathique happy end.

Il poursuit la chronique de cette petite ville confrontée à la guerre en 1939. La défaite militaire, l’armistice de Pétain, l’appel du général de Gaulle… La population locale doit choisir entre collaboration et résistance. Pour François et ses amis, aucune hésitation…

Le dessin réaliste et très fin de l’auteur s’accorde parfaitement à cette histoire. Les décors sont superbes, les visages très expressifs, la libellule et le crapaud toujours inquiétants.
Ce bel album, susceptible de toucher un large public et notamment les ados pouvant s’identifier à François dans une période troublée qui oblige chacun à faire des choix, devrait trouver sa place dans toutes les bibliothèques, y compris celles des collèges et des lycées. Contre le déterminisme social et pour un refus des idéologies liberticides.

Serge Cabrol 
(15/06/26)    



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Bandes dessinées














Grand Angle

(Avril 2026)
80 pages - 18,90 €






Éric Stalner,
né en 1959, est l’auteur
de plusieurs dizaines d’albums.

Bio-bibliographie sur
Wikipédia







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La curée