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Nicolas DELESTRET


Lady Nazca






Une histoire vraie, un film, une BD…
Lady Nazca est un personnage réel. Maria Reiche (1903-1998), après des études d'astronomie, mathématiques, géographie et langues étrangères, a quitté l’Allemagne dans les années 30 pour se rendre en Amérique latine. Au Pérou, elle rencontre un archéologue et découvre les géoglyphes géants tracés il y a environ 1500 ans dans le désert de Nazca. Elle a consacré toute sa vie à la mise à jour et à la protection de ces vestiges précolombiens.
C’est l’histoire de cette femme courageuse et passionnée que Nicolas Delestret raconte dans cet album librement inspiré du film de Damien Dorsaz, Lady Nazca, sorti en décembre 2025 avec Devrim Lingnau et Guillaume Gallienne.

Le premier personnage que nous suivons est un journaliste français qui vient interviewer Maria, maintenant âgée mais toujours occupée, jour après jour, à désensabler ces mystérieuses lignes auxquelles elle consacre son énergie depuis des décennies. Elle va lui raconter son histoire depuis son arrivée au Pérou.

Tout l’album se déroule sur la durée de cet interview avec des retours en arrière vers les diverses périodes du parcours de Maria, de façon linéaire et chronologique, au fil des dessins très expressifs de l’auteur, passant de l’humour à la violence, de l’amour à la colère, de l’enthousiasme au découragement…

On y voit donc Maria Reiche arriver au Pérou, enseigner les mathématiques, mener une vie qui ne lui convient pas, avec le sentiment de ne pas être à sa place, de ne rien faire de véritablement utile.
Elle rencontre Paul Kosok, un archéologue qui travaille dans le désert au sud de Lima. Il dispose des notes d’un autre archéologue qui a travaillé quinze ans plus tôt dans la même région. Malheureusement pour lui, ces notes sont en allemand, une langue qu’il ne parle pas et il demande à Maria de les lui traduire. Et c’est ainsi qu’elle découvre le désert… et la civilisation Nazca.
« Paul m’exposa son hypothèse de travail selon laquelle les Nazcas n’avaient pas d’alphabet et qu’ils utilisaient donc les dessins et les nuances de couleurs pour raconter leur histoire. Ils n’étaient pas un peuple de guerriers, mais de grands artistes. J’étais subjuguée par cet art, ces formes et ce travail sur les couleurs. Et les dessins… »

L’archéologue s’intéresse particulièrement aux réseaux d’irrigation et c’est de ce sujet que traite l’ouvrage qu’il demande à Maria de traduire. Il y est question d’étranges sillons tracés dans le sol. Paul propose à Maria d’aller voir sur place mais il est déçu. Visiblement, ces sillons en plein désert n’ont pas de rapport avec l’irrigation. Mais pour Maria, c’est une énigme à résoudre, une aventure où elle se lance sans savoir qu’elle va occuper tout le reste de sa vie. Suivre ces sillons, les rendre bien visibles et comprendre quelles figures ils dessinent, des figures gigantesques visibles dans leur ensemble uniquement en avion.

Bien entendu tout cela ne se passe pas sans heurts et sans violence. Un grand propriétaire voudrait creuser des puits et récupérer ces surfaces pour planter du coton. Maria va devoir batailler pour obtenir la protection de ces vestiges précolombiens inestimables.

La mystère reste entier quant à la signification ou l’utilité de ces "géoglyphes". Maria a son idée sur le sujet : un calendrier zodiacal, un observatoire astronomique, un gigantesque miroir du ciel…

« – Les gens disent que ce que vous avez fait est extraordinaire et je suis d’accord avec eux.
– Vous savez, j’ai tout entendu. On m’a traitée de sorcière, de folle, d’hystérique, et même de nazie en fuite. Et maintenant, je suis une sainte ! Rien de tout cela n’est vrai. J’ai simplement fait ce que j’avais à faire. Je crois que la vie nous conduit là où nous sommes censés être, quel que soit cet endroit. »

Voilà un album aussi beau que passionnant, où le graphisme de Nicolas Delestret apporte autant d’humour que d’émotions. Gros plans, pleines pages, doubles pages… La taille et l’organisation des images sont variées et donnent du rythme au récit. Un nouvel opus dans le parcours déjà riche d’un auteur à suivre…

Serge Cabrol 
(12/01/26)    



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Bandes dessinées















Grand Angle

(Janvier 2026)
112 pages - 19,90 €










Nicolas Delestret

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